© Valérie Ruperti
Appartement dans le Latitude 43
Georges-Henri Pingusson architecte
1932
Saint-Tropez (83)
Catalogue Architecture de Collection 2023
Vue sur mer dans l’iconique Latitude 43 à Saint-Tropez
Cet appartement entièrement rénové en 2020 se situe au sein du Latitude 43, réalisation emblématique du style paquebot signée par Georges-Henri Pingusson en 1932, inscrite au titre des Monuments Historiques en 1992 et labellisée Patrimoine du XXe siècle.
Ancien complexe touristique accueillant un hôtel, un restaurant, un complexe sportif avec piscines et courts de tennis, un casino et des commerces, le Latitude 43 a été construit par Georges-Henri Pingusson en 1932. Il s’agit d’un des plus importants bâtiments modernes jamais construits. L’architecte y signe l’ameublement, les luminaires, les tapis et les costumes du personnel, dans une logique relevant de la Synthèse des arts. L’hôtel fait faillite, est réquisitionné pendant la seconde Guerre puis est ensuite transformé en copropriété dans les années 1950.
Composé d’une barre de plus de 100 mètres de long, le Latitude 43 se distingue par la pureté de ses lignes et l’absence de tout ornement. Le bâtiment affiche une esthétique issue du vocabulaire nautique, amplifiée par la proximité immédiate du bord de mer. Les dimensions et le dessin d’ensemble évoquent un paquebot transatlantique, la cheminée, les hublots et les terrasses rappelant les équipements d’un navire.
Georges-Henri Pingusson
Georges-Henri Pingusson (1894-1978) obtient un diplôme d’ingénieur en 1913 à l’Ecole spéciale de mécanique et d’électricité de Paris afin de succéder à son père industriel. Il entre cependant à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris après la première Guerre Mondiale pendant laquelle il combat dans les Dardanelles, et y étudie l’architecture dans les ateliers de Gustave Umbdenstock et Paul Tournon. Diplômé en 1925, il commence son activité en association avec l’architecte Paul Furiet (1898-1930). Ensemble, ils construisent de nombreuses villas le plus souvent régionalistes au Pays Basque et sur la Côte d’Azur et signent la centrale thermique Arrighi à Vitry-sur-Seine.
C’est en construisant le théâtre des Menus-Plaisirs (aujourd’hui Comédie de Paris) en 1929, avec sa façade résolument moderne et son enseigne en néons que Pingusson intègre l’avant-garde parisienne. Il rejoint l’Union des artistes Modernes en 1932 et s’associe à Robert Mallet-Stevens à la même période.
Après la seconde Guerre Mondiale, il est nommé architecte en chef de la reconstruction dans la Moselle, construit l’ambassade de France à Sarrebruck et participe aux plans d’urbanisme autour de Metz, Sarreguemines et Briey-en-Forêt où il invite Le Corbusier à construire sa Cité Radieuse. Il est également auteur de la reconstruction des villages de Waldwisse (1955) et de Grillon (1978, réalisée bénévolement), de plusieurs églises (Nativité de la Sainte-Vierge à Fleury en 1963 ; Saint-Martin-Evêque à Corny-sur-Moselle en 1960 ; Saint-Antoine à Boust en 1963) et du Mémorial de la Déportation à Paris. Professeur à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris puis à l’Ecole d’architecture Paris-Nanterre, Georges-Henri Pingusson est une figure très appréciée de l’histoire de l’architecture du 20e siècle.
NOS ARCHIVES
Bruno Elkouken architecte
Atelier d’artiste Art déco, 1932
Claude Parent architecte
La Maison de Gardien (Atelier André Bloc), 1956
Andrault & Parat architectes
Tour Totem, 1975
Jean-Baptiste Combrisson et Laurence Guibert architectes
Maison brutaliste avec jardin, 1978
Pol Abraham architecte
Villa Pompon, 1955
Michel Proux architecte
Maison Seventies, 1974
Henri Prouvé architecte
Maison Brajzblat, 1957
Claude Parent, Ionel Schein, Gilles-Louis Bureau architectes
Maison G., 1953
Rex Lotery architecte
Florence House, 1959
Jean Prouvé & Lionel Mirabaud
Immeuble Fifties, 1954
Jean Prouvé constructeur
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Atelier de Montrouge / Paul Chemetov
Tours de logement EDF, 1967 / 2016
André Lefèvre-Devaux architecte
La Calanque Verte, 1972
Michel Proux architecte