Bulle six coques

Jean-Benjamin Maneval
1964-1968

90 000 €

36 m²
Structure préfabriquée en plastique
Architecture nomade

Description

Une « maison bulle » icône des Années pop

AVIS AUX COLLECTIONNEURS – La Bulle six coques, produite à 300 exemplaires entre 1964 et 1968 par Jean-Benjamin Maneval, constitue l’un des emblèmes du courant visionnaire des années 1960. Modulable et transportable, cette capsule habitable est actuellement présentée dans le parc de sculptures d’une collectionneur privé.

Les bulles six coques sont conçues d’après le même moule. Chacune d’entre elles se compose de 2 parois en polyester renforcé d’un tissu de verre, entre lesquelles est injectée une mousse isolante en polyuréthane. Des grandes baies fixes en plastique (méthacrylate de méthylène fumé) garantissent une grande luminosité à l’intérieur.

Les différents modules ont été, à l’origine, répartis selon leurs fonctions. On compte ainsi une première coque pour l’entrée, une autre réservée au séjour, une dédiée aux pièces humides, et trois autres coques accueillant deux chambres ainsi qu’un salon pouvant faire office de chambre d’appoint.

Accessible par une volée de marches en métal, cette architecture organique et sans fondations offre une surface habitable de 36 m².

Aujourd’hui décloisonnée, cette bulle six coques est un cadeau offert à l’imagination, se prêtant aussi bien à une approche artistique qu’à de multiples usages et aménagements, contemporains ou en continuité avec l’esprit et les formes de l’époque qui l’a vue naître.

L’architecture du futur

En matière d’architecture, les Trente Glorieuses sont marquées en France par l’émergence d’une mouvance “prospective et futurologique”, empreinte des idéaux de la période, dont les potentialités économiques, industrielles et créatives semblent infinies. Une génération de jeunes architectes, animée par cette énergie du progrès, ce rêve d’innovation et de conquête spatiale, s’engage ainsi pour renouveler l’habitat de façon radicale.

L’expérimentation des matériaux plastiques constitue pour eux un nouveau moyen d’expression, leur permettant de s’affranchir des contraintes formelles et d’imaginer des structures inspirées d’éléments organiques et minéraux.

Après la première « maison tout en plastique » présentée par René-André Coulon et Ionel Schein en 1956 au Salon des Arts ménagers à Paris, ce matériau révolutionnaire connaît un développement spectaculaire. Il permet de générer des objets et environnements high-tech, matérialisant sur Terre le rêve de mobilité infinie et de communication totale.

© FIAC 2018 , © Droits reservés

Rêve industriel et architecture nomade

Jean-Benjamin Maneval, prend part à la conception de ce microhabitat en plastique grâce à sa collaboration avec l’industrie pétrochimique du groupe ELF Aquitaine.

Tirant pleinement parti des possibilités offertes par le matériau, il conçoit un habitat cellulaire et rationnel. Né de l’assemblage de six coques de polyester aux courbes assumées et à la couleur parfois vive, ce “bulbe” prend place sur un socle de béton. Chaque excroissance se voit attribuer une fonction précise, définie à l’époque par un mobilier parfaitement intégré et les équipements les plus modernes.

Afin d’en assurer la commercialisation, Elf Aquitaine créé en 1967, à parts égales avec les ciments Lafarge Bâti Plastique, une société, dont fait également partie Jean-Benjamin Maneval. Cet engagement témoigne des espoirs que suscitent chez les grandes industries cet habitat en plastique, pensé comme un objet de consommation (touristique notamment), peu onéreux, facile à mettre en œuvre et aisément transportable. Néanmoins, ces maisons ne rencontrent pas le succès commercial attendu, servant pour une bonne partie d’entre elles à la création d’un village de vacances pour le comité d’entreprise d’Elf Aquitaine, à Gripp, dans les Pyrénées.

Jean-Benjamin Maneval lors de l’installation des bulles pour le village de vacances d’Elf Aquitaine, Gripp, Pyrénées © Archives Famille Maneval

Jean-Benjamin Maneval

Architecte, urbaniste et théoricien, Jean-Benjamin Maneval (1923-1986) étudie à l’Ecole nationale des beaux-arts de Paris, dans les ateliers d’Alphonse Defrasse et Otello Zavaroni, ainsi qu’à l’Institut d’urbanisme de l’Université de Paris. Il est actif en France, en Argentine et aux Etats-Unis où il met à profit ses deux formations, concevant notamment, peu de temps avant la bulle 6 coques, des bureaux et laboratoires pour la société nationale des pétroles d’Aquitaine. En 1977, il est également chargé de la mise en place d’un ensemble urbain, dans la banlieue de Washington.

Infos techniques

Prix demandé : 90 000 €
Les honoraires sont à la charge du vendeur.

Etat général satisfaisant, structure intègre, les fenêtres et les vitres ont été entièrement refaites. Joints et visseries sont à reprendre lors du démontage.

© Textes Architecture de Collection
© Photos Manuel Bougot 

Informations complémentaires

Prix

Moins de 500 000 €

Type de bien

Architecture nomade

Prix de vente

90 000 €

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