Jusqu’au 1er février 2026, les projets des quatre finalistes du Concours d’architecture des Beaux-Arts sont exposés dans le Palais de l’Institut de France. Lancé en 2023, le concours invite, pour cette deuxième édition, à s’interroger sur le thème « Migrer ».
Parmi une cinquantaine de candidatures, le jury a retenu quatre projets, avant de décerner le premier prix, le prix Charles Abella, à Mathieu Lucas pour Les Jardins de l’immersion.
En amont de l’exposition, les finalistes ont été accueillis pour une résidence de trois mois au domaine de Frapotel, construit par Jean Dubuisson dans les années 1960. Ce temps de travail a permis la réalisation des projets préalablement sélectionnés, aujourd’hui visibles dans l’exposition. Le thème « Migrer » a ainsi suscité des interprétations diverses, tout en fédérant les projets autour d’une remise en question de la définition traditionnelle de l’architecture.
© Académie des Beaux-arts
Avec La rivière et le placard, Bernadetta Budzik & Rachel Rouzaud étudient le principal fleuve polonais, la Vistule, pendant la destruction et la reconstruction de Varsovie. A travers 3 médiums, un placard, un tapis et un film, elles interrogent comment le fleuve peut se faire vecteur de circulation des connaissances, des matériaux, des humains, de l’histoire.
arèneeurope questionne et expose les contradictions du projet politique européen. Étienne Gilly & Gianluca Gadaleta choisissent d’analyser les innombrables flux hétérogènes faits de mémoires superposées et de paradoxes non pas pour les mettre à plat mais pour en maintenir les tensions, comme un constat saisissant offert au spectateur.
© Rachel Rouzaud et Bernadetta Budzik, Jadd Hallaj
© Étienne Gilly et Gianluca Gadaleta
Iris Lacoudre aborde avec Chambre souple une question centrale : celle de l’avenir de l’humanité dans un contexte de ressources limitées. Elle remodèle le corpus des architectures nomades à travers des supports en lin, qui se font à la fois habit et habitat.
Enfin, le projet lauréat Jardins de l’immersion, réalisé par Mathieu Lucas, avec Robin Meier et Thomas Bur, explore les migrations de différentes matières et espèces : plancton, eau verte, spores, à travers des outils scientifiques pointus. Ils questionnent ainsi la notion d’échelle, en se focalisant sur l’infiniment petit et l’invisible.
© Iris Lacoudre
© Patrick Rimond / Académie des Beaux-arts
Emulations II, en prise avec l’histoire
Le titre de l’exposition s’inspire de celui du concours auquel participaient les étudiants de l’Académie royale d’architecture à partir du 18ᵉ siècle. Si les formes et les questionnements ont évolué, l’émulation demeure aujourd’hui une ambition intellectuelle partagée : penser l’architecture comme une manière de prendre part à la vie de la cité et du monde. Depuis la première édition en 2023, le commissariat du projet est assuré par Emmanuelle Chiappone-Piriou, Benjamin Lafore, Sébastien Martinez-Barat.
Émulations II
Pavillon Comtesse de Caen – 27 quai de Conti – Paris 6e
Jusqu’au 1er février 2026
Du mardi au dimanche, 11h-18h
Entrée libre et gratuite
Camille Buzon