Pour animer la trêve estivale, Architecture de Collection fait cap sur le sud et vous propose de découvrir chaque semaine une station balnéaire de la Mission Racine ! Créée en 1963, cette structure ministérielle projette d’aménager le littoral du Languedoc-Roussillon. De véritables villes nouvelles émergent alors, portées par de grands noms de l’architecture comme Jean Balladur et Georges Candilis.
© Daniel Leclercq
Le plan d’aménagement de Port-Gruissan revient à Raymond Gleize, nommé architecte en chef de l’opération en 1964. Aux côtés d’Edouard Hartané, il dessine les principaux édifices, résidences et le port de plaisance. L’ensemble s’insère dans un espace morcelé de 1500 hectares entre les reliefs environnants, le village de pêcheurs et de marins, encerclant depuis le 11e siècle une forteresse dont seule subsiste la tour Barberousse, ainsi que la plage des Chalets. Le projet imaginé par les architectes préconisait à l’origine l’implantation d’importantes structures pyramidales en étoile, refusées par la Mission Racine par souci d’intégration au site.
Unité touristique de Gruissan (Aude), perspective du principe architectural initial par Raymond Gleize et Édouard Hartané, février 1964. SIAF/CAPA – Archives d’architecture contemporaine, fonds Raymond Gleize, 139 IFA 9. © Franck Delorme/CAPA
Autour du port de plaisance, le cahier des charges impose l’implantation d’immeubles résidentiels aux volumes et hauteurs variés, alternant entre quatre et cinq étages, afin de prévenir toute monotonie. Une certaine harmonie ne s’en dégage pas moins, grâce au traitement des toitures, en voutains. Elles sont un pied de nez à l’architecture traditionnelle de la région, connue pour ses toits de tuile canal. Plus qu’un choix esthétique, elles permettent aux architectes de limiter l’impact du rayonnement solaire sur les intérieurs.
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Raymond Gleize
Raymond Gleize (1913-1992) se forme au sein de l’atelier extérieur de Georges Labro, à l’Ecole des beaux-arts de Paris. Titulaire en 1944 du Grand Prix de Rome, il est nommé architecte en chef des Bâtiments civils et nationaux et réalise à ce titre les réparations de l’Ecole nationale des Ponts-et-Chaussée, ainsi que celles du commissariat au Tourisme et du ministère de l’Equipement. Il est également en charge de 1944 à 1969 de la construction de grands barrages et usines hydroélectriques en Corrèze, Savoie, Jura et Isère et étend sa pratique à la conception d’établissements scolaires en sa qualité d’architecte conseil de la Construction de 1950 à 1975.
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La Mission Racine, une initiative étatique
Le 18 juin 1963, l’Etat crée la Mission Racine, une structure administrative chargée d’aménager et de développer le littoral du Languedoc-Roussillon, en misant sur le potentiel touristique et balnéaire du territoire, doté de grandes étendues de plages.
Cette mission interministérielle, effective jusqu’en 1983, est confiée au conseiller d’Etat Jean Racine et placée sous l’autorité directe du Premier Ministre. Durant ses vingt années d’activité, fonctionnaires, ingénieurs et architectes œuvrent à l’édification de véritables villes nouvelles, prises au sein d’un important maillage routier, relié au réseau régional et national. Conçues par plusieurs grands noms de l’architecture, comme Jean Balladur et Georges Candilis, chacune est porteuse d’une identité propre.
Languedoc-Roussillon : Aménagement touristique du littoral, Plaquette promotionnelle publiée par la Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale, Publicité Vox, 1967. SIAF/CAPA – Archives d’architecture contemporaine, fonds Georges Candilis, 236 IFA 414/1 ©Franck Delorme/CAPA
Capucine Rigoigne