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Du 14 juin au 3 septembre 2024, dans le cadre des Olympiades culturelles, 20 écoles nationales d’architecture et de paysage en partenariat avec les fédérations sportives présentent  20 pavillons au cœur du parc de la Villette.

© Clément Vayssieres

L’exposition présente des architectures ludiques, poétiques, légères et aériennes, à l’image de l’ambition des Jeux. Le nom du projet “Archi-Folies”, référence aux 20 Folies de Bernard Tschumi, est évocateur : historiquement, une folie est une maison de plaisance caractérisée par son extravagance architecturale, le caractère déraisonnable de sa situation ou de son usage. “Archi” est un diminutif d’architecture mais porte aussi un sens adverbial qui connote l’intensité, le caractère “hors-norme” de quelque chose. Ces “folies architecturales”, portées par des générations créatives, se veulent des médiums pour traduire les valeurs universelles du sport. 

© Clément Vayssieres

Un objectif pédagogique: le “chantier école”

L’occasion est donnée aux étudiants des vingt Ecole d’architecture et de paysage de réaliser à l’échelle nationale un projet architectural de sa conception à sa construction. De l’expérimentation de matériaux innovants, à la prise en compte de critères environnementaux, cet exercice de conception et de construction les confronte à l’acte de bâtir. L’interdisciplinarité et la démarche coopérative sont au cœur du projet : les écoles se partagent le pilotage du projet et chacune édifie son pavillon en collaboration étroite avec une fédération sportive. Pentathlon, tir à l’arc, escrime, surf, danse et basket-ball, les disciplines sont variées et appellent des structures, des formes et des matériaux singuliers.

Pavillons de la danse, de l’équitation et du canoë-kayak: exemples d’écrins sportifs 

L’ENSA Lyon conçoit pour la Fédération Française de Danse son pavillon “Break the cube” en lien avec la discipline du Breakdance. Le cube, forme géométrique classique, est revisité pour rencontrer la culture artistique urbaine, le Breakdance. Les étudiants ont modélisé les mouvements des breakdancers pour que l’édifice s’adapte à leurs performances. Des languettes de bois issu de la filière régionale ont été insérées dans des rainures perpendiculaires permettant un assemblage sans clou ni vis. Une toile imperméable patronnée et plissée vient compléter la structure et la protéger face aux éventuelles intempéries. 

Pavillon « Break the cube » © ENSA Lyon

Pour leur pavillon de la Fédération Française d’Equitation, les étudiants de l’ENSA-Versailles ont mis la paille à l’honneur. Ce matériau organique, qui évoque le monde de l’équitation, présente le plus faible impact environnemental. Il crée des parois biosourcées aux performances thermiques exceptionnelles. Les bottes de paille, sanglées entre elles et empilées en quinconce, permettent de constituer un ensemble solidaire. La structure est chapeautée par une toile percée en son centre pour laisser entrer la lumière.  Le tout donne lieu à une architecture épurée dont le plan circulaire rappelle le manège équestre. 

Construction du pavillon « Le Manège » © Salem Mostefaoui

Avec leur pavillon “Immersion bleutée”, l’ENSA-Grenoble, en lien avec la Fédération française de canoë-kayak, propose l’expérience immersive de l’eau. Son ossature en bois d’épicéa est habillée de panneaux ajourés en tôle d’aluminium prélaqué, dont la superposition crée des jeux de lumières similaires aux “caustiques”, motifs lumineux présents à la surface de l’eau. Plusieurs éléments sont réalisés en béton blanc moulé selon des formes sinueuses. La palette chromatique composée du bleu et du blanc offre une ambiance aquatique et contraste avec la verdure et les folies rouges du parc de la Villette. Un espace muséal, complétant les espaces de compétition et de pratique, permet de découvrir l’histoire des sports de pagaie et les problématiques environnementales qui lui sont associées. 

Construction du pavillon Immersion bleutée © ENSAG