Description
Modernité ensoleillée sur les hauteurs du Pradet, signée Le Corbusier
Construite en 1930, la villa de Mandrot dite l’Artaude allie modernité et culture vernaculaire au bord de la méditerranée. Conçue comme une résidence de villégiature, elle est inscrite au titre des monuments historiques depuis 1987 et est labellisée Patrimoine XXe depuis 2001.
Établie sur un terrain de 2 450 m² planté d’essences méditerranéennes, de pins, lavandes, cyprès et citronniers, la villa développe une surface de 200 m² répartie sur 2 niveaux selon un plan en L.
Le rez-de-chaussée accueille un grand salon avec cheminée et accès à l’arrière de la maison, une cuisine avec salle à manger, une chambre parentale avec salle de bain ainsi qu’une autre chambre ou bureau avec une deuxième salle de bain.
Le rez-de-jardin, ancien logement du gardien, déploie une surface de 80 m². Il comprend aujourd’hui un atelier, une cuisine ouverte et une salle de douche. Une cave et un garage double complètent ce niveau.
A l’origine, le jardin-terrasse était encadré de deux sculptures monumentales de Lipchitz, ami de Le Corbusier, Le chant des voyelles (1931) et le Nu couché à la guitare (1928), aujourd’hui disparues.
A l’extrémité de la terrasse, un cabanon constitue une suite d’amis avec salle d’eau et wc.
Exposé plein sud, l’ensemble profite du soleil à toute heure, tandis que la façade nord, ombragée, conserve la fraîcheur.
La villa prend place sur le haut d’une butte située au Pradet. Elle profite d’un emplacement privilégié au calme, à 5 minutes en voiture des plages, des activités et commodités. Elle est située à 6 minutes en voiture de la gare de la Garde et à 20 min de Toulon.
Un projet de villégiature
La villa porte le nom d’Hélène de Mandrot, mécène et amie de Le Corbusier. Femme esthète, fréquentant les milieux artistiques de l’avant-garde parisienne, elle s’intéresse particulièrement à l’architecture. En 1928, elle organise en Suisse, dans son Château de la Sarraz, le premier Congrès international d’architecture moderne (CIAM). L’année suivante, elle commande à Le Corbusier un projet marqué par une quête de simplicité : une petite maison de vacances avec “deux chambres, quatre lits en plus et un jardin”.
Enthousiasmé par l’idée d’appliquer ses concepts sur l’habitat standardisé au contact de la culture méditerranéenne, Le Corbusier accepte.
Une maison “incorporée au paysage”
La villa de Mandrot se situe à la confluence de deux courants de la modernité architecturale :
Elle reconduit, d’une part, le langage puriste et standardisé de l’esthétique industrielle (“machine à habiter”), concrétisé à l’époque par Le Corbusier, notamment dans la villa Savoye (1928-1931) ou par d’autres architectes modernes, telles que Eileen Gray avec la Villa E-1027 (1926-1929).
La Villa de Mandrot marque, d’autre part, la rencontre du Style international avec la culture provençale : le projet explore en effet des formes d’inscription locale, en affirmant le lien au paysage et aux savoir-faire constructifs traditionnels.
L’originalité de cette œuvre réside dans le parti-pris d’un ancrage de la maison dans son contexte: Le Corbusier valorise la nature environnante, comme un décor encadrant la maison ; il ménage des effets de surprise ou de mise en scène, avec le grand escalier menant à l’arrière du jardin. L’usage de matériaux provençaux, comme le moellon ou la pierre du var, inscrit cette réalisation dans une culture vernaculaire. De même, la terrasse encadrée par la maison, la paroi brise vent et le cabanon évoquent l’esthétique du patio, caractéristique de l’architecture méditerranéenne. Le Corbusier écrira en 1931 : « la maison est épatante, nouvelle, forte, solide, splendidement incorporée au paysage ».
Le Corbusier : un pionnier de la modernité
Né en 1887 en Suisse, et disparu en 1965, Charles-Édouard Jeanneret, plus connu sous le nom de Le Corbusier, est un architecte et urbaniste connu pour sa capacité à faire de l’architecture un art total. Il pense le bâti, l’aménagement intérieur, tant en termes d’ameublement que de confort et prend en compte la dimension urbanistique de toutes ses réalisations. Il demeure incontestablement l’une des figures les plus emblématiques du Mouvement moderne.
Tout au long de sa carrière, Le Corbusier partage ses visions et théories par sa participation à des expositions internationales comme celle de 1925, où il présente le Pavillon de l’Esprit Nouveau, et celle de 1937, avec son Pavillon des Temps Nouveaux.
Défenseur du modernisme et rejetant les arts décoratifs, Le Corbusier inscrit sa pensée architecturale dans ses villas, plus particulièrement dans la villa Savoye en 1928, où il théorise les « cinq points de l’architecture moderne » (les pilotis, le toit-terrasse, les fenêtres en bandeau, la façade libre et le plan libre).
Bien qu’il ait été l’un des architectes les plus prolifiques de son temps, une grande partie de ses projets n’ont jamais vu le jour comme le Plan « Voisin » ou encore la Ville contemporaine de trois millions d’habitants. Parfois trop polémiste ou radical aux yeux du grand public, l’œuvre de Le Corbusier connaît toutefois une résonance internationale. Son dernier grand projet lui est offert par la ville de Chandigarh, en Inde. Il est chargé de diriger l’entièreté des travaux d’urbanisme pour la création de la nouvelle capitale du Pendjab, où il mêle béton brut et végétation luxuriante.
Informations techniques
Prix demandé : 2 350 000 €
Les honoraires sont à la charge du vendeur.
Taxe foncière 2024 : 718 €
Les informations sur les risques auxquels ce bien est exposé sont disponibles sur le site Géorisques : www.georisques.gouv.fr
© Textes Architecture de Collection
© Photos Marion Sacco
© FLC / ADAGP 2025
DPE : Non applicable (Monument historique)


















































