Description
Eloge du sacré signé Odette Ducarre en Haute-provence
Conçue par l’artiste Odette Ducarre en 1975, cette citadelle de pierre et de béton, située sur l’ancien emplacement d’une carrière perchée sur les collines de Haute-Provence, constitue l’une de ses réalisations les plus singulières.
Reconnu pour sa valeur architecturale et culturelle, le site est labellisé par la Fondation du Patrimoine.
Au cœur d’un environnement luxuriant de 4 hectares, accessible par un chemin de terre traversant le sous-bois, la maison se dévoile progressivement. La situation isolée de la maison participe pleinement de la singularité du lieu, où le silence et la nature deviennent des composantes essentielles de l’expérience architecturale.
Sur trois niveaux, épousant la déclivité naturelle de l’ancienne carrière, la propriété développe une surface habitable d’environ 200 m². On accède à la maison par un grand escalier sculptural. L’entrée s’ouvre sur un grand volume de vie traversant, baigné de lumière grâce aux nombreux percements, horizontaux, verticaux ou zénithaux. Il accueille un espace salon et salle à manger prolongé par un coin avec cheminée ouvert sur une terrasse panoramique, suspendue en porte-à-faux sur la carrière; cuisine toute équipée attenante ouvre sur une autre terrasse. Une première chambre, accompagnée de sa salle de bain, dont les équipements – baignoire et vasque en inox – prolongent l’esthétique industrielle et minimaliste de l’ensemble, complète ce premier niveau, qui dispose aussi de rangements intégrés et de wc invités.
En descendant les escaliers, un second séjour se déploie, à la manière des habitations troglodytes. Il comprend un salon avec un poêle électrique ouvert sur une terrasse donnant sur le jardin, ainsi qu’une salle de douche. Une “salle des machines”, sorte de local technique, peut constituer un espace de stockage supplémentaire.
Ce niveau permet d’accéder à un espace souterrain de 100 m² pensé à l’origine comme une crypte sonore; celui-ci peut faire office d’atelier ou tout simplement de cave.
Un escalier intérieur, traité en acier inoxydable, mène au dernier étage. On y découvre l’ancien salon de musique désormais chambre parentale baignée de lumière. Cette dernière profite d’une terrasse panoramique et donne accès, par un escalier sculptural en pierre, au toit-terrasse de la maison. Ces belvédères offrent des points de vue imprenables sur la nature, la cime des arbres et l’horizon.
A quelques mètres de la maison, une dépendance de 35 m² avec terrasse accueille une chambre, un coin cuisine et salle à manger ainsi qu’une salle de douche.
Plusieurs places de stationnement sont disponibles devant la maison.
Au cœur d’un environnement naturel préservé, la propriété bénéficie d’un environnement naturel d’une rare intensité, sauvage et silencieux, emblématique de la Haute-Provence.
Cette demeure est située à environ 3 kilomètres du village de Saint-Michel-l’Observatoire, qui offre tousles commerces et services de proximité. Manosque est à une vingtaine de minutes en voiture et permet de rejoindre par le train Aix-en-Provence et Marseille. La gare TGV d’Aix-en-Provence est accessible en environ 1h15.
“Une sorte d’habitacle pour un homme hors du commun”…
…“Ni principale ni secondaire, ni traditionnelle ni familiale”, écrit l’historienne Raphaëlle Saint-Pierre à propos de cette villa construite pour le compositeur et chef d’orchestre Pierre Boulez. Imaginée pour celui dont l’exigence intellectuelle et la personnalité ont profondément marqué la musique contemporaine, la maison s’apparente à une architecture introspective, presque métaphysique, où l’espace devient le prolongement d’une pensée.
Le projet repose sur une lecture symbolique des éléments fondamentaux (pierre, verre et métal) qui structurent l’ensemble de ce monolithe clair. Organisée selon une progression verticale, l’architecture déploie une succession d’espaces, chacun associé à une atmosphère particulière, où les dimensions matérielle et spirituelle dialoguent avec une grande cohérence. De cet enchevêtrement émerge un choc des masses qui s’harmonisent dans le mouvement. Celui-ci est célébré à toutes les échelles du projet. La terrasse en porte-à-faux sur le vide de la carrière poétise cette recherche permanente, fixant la maison dans un état d’instabilité créatrice.
Architecture symphonique
Odette Ducarre dessine et compose cette architecture domestique comme un volume à la fois compact et disloqué, rendu unique par le parfait accord établi entre le béton blanc brut de décoffrage et les pierres du site, calepinées et taillées avec précision. Dans cette symphonie expressionniste à mi-chemin entre l’architecture et la sculpture, l’artiste architecte explore une dimension mystique et sacrée, où le tellurique dialogue avec l’immatériel. A l’image de l’espace souterrain, conçu à l’origine comme un cabinet d’expérimentation sonore, qui, renvoie au topos de la grotte comme espace de révélation. Cette cavité hermétique ouvre sur la transcendance et la lumière créatrice. De même, les percements du salon entrevus depuis la carrière évoquent les murailles d’une enceinte sacrée, qui surpasse le temps dans une dialectique des contraires : un motif archaïque (forteresse troglodyte) et une fulgurance contemporaine (le béton brut de décoffrage projeté tel une flèche vers le ciel).
Odette Ducarre : l’architecture entre matière et spiritualité
Formée aux Beaux-Arts de Lyon puis à Paris, avant de poursuivre des études d’architecture à Marseille, Odette Ducarre (1928-2026) inscrit sa démarche dans la filiation du premier Mouvement moderne, marqué par une recherche constante de synthèse entre les arts. Figure singulière de la création française de l’après-guerre, Odette Ducarre développe une œuvre à la croisée des disciplines : peinture, sculpture, architecture, vitrail et design d’objets.
Au cours des années 1960, elle rejoint le groupe Architecture Principe, fondé par Claude Parent et Paul Virilio, et conçoit notamment les vitraux de l’église Sainte-Bernadette du Banlay à Nevers. Son travail se distingue par une approche profondément artistique de l’architecture, où la matière, la lumière et la dimension symbolique occupent une place centrale.
Son mari Robert Morel, écrit à propos d’elle : “Ce qui m’étonne chaque fois que je retrouve ou que je découvre une œuvre d’Odette Ducarre, c’est cette gravité, cette réflexion, cette qualité de silence, d’invention millénaires qui nous font tant défaut, à nous autres américains. Là où nous aurions mis du rouge, elle met du noir ; là où le feu, elle met la nuit, là où l’acier, elle met le verre ; là où le cube, elle met la sphère. Elle appartient au vieux monde et, par quel mystère se montre-t-elle dans tout ce qu’elle réalise, plus jeune que nous, plus audacieuse, plus courageuse que le nouveau monde ?»
Infos techniques
Prix demandé : 1 100 000 €
Les honoraires sont à la charge du vendeur.
Taxe foncière : NC
Chauffage : NC
Les informations sur les risques auxquels ce bien est exposé sont disponibles sur le site Géorisques : www.georisques.gouv.fr
© Textes Architecture de Collection
© Photos Marion Sacco















































































