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La piscine Molitor, patrimoine Art déco en mouvement

By 13 août 2025mars 27th, 2026No Comments

Pour animer la trêve estivale, Architecture de Collection vous fait découvrir quelques-unes des plus belles piscines Art déco du territoire, en hommage au centenaire de l’Exposition des arts décoratifs de 1925.

Établissement prestigieux de l’ouest parisien, la piscine Molitor est un symbole historique de l’Art déco. Elle est inscrite au titre des Monuments historiques en 1990.

La Piscine Molitor en 1973 © Molitor

Édifiée en 1929 par l’architecte Lucien Pollet dans un contexte de développement des loisirs nautiques en France et des préoccupations hygiénistes, la piscine Molitor incarne une synthèse du luxe et du savoir-faire français. Dès son ouverture, elle accueille de nombreuses manifestations artistiques, attirant une clientèle aisée du 16e arrondissement.

Sa particularité réside dans son plan général qui comprend une piscine couverte, relativement répandue à l’époque, et un bassin olympique de 50m à l’extérieur entouré de deux étages de cabines comme sur un paquebot. Ce double bassin fait figure d’avant-garde à cette époque. Son style et sa conception sont emblématiques du mouvement de l’Art déco et s’inscrivent aussi dans la mouvance “streamline” de l’Entre-deux-guerre qui convoque le vocabulaire architectural naval (coursives, hublots) et l’imaginaire transatlantique.

Dans une démarche de Synthèse des arts, l’architecte réunit le savoir-faire des artisans d’exception de l’époque, tels que le maître verrier Louis Barillet qui réalise les vitraux de la grande verrière et ceux du bassin d’été.

Le projet mené par Jean-Philippe Nuel terminé en 2014 © Boris Zuliani

Réquisitionnée pendant la Guerre, elle est ensuite progressivement laissée à l’abandon jusque dans les années 1990 lors de son inscription à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques. En 2008, la piscine est remise à neuf dans son esprit d’antan par les architectes Jean-Philippe Nuel, Alain Derbesse, Alain-Charles Perrot et Jacques Rougerie. De l’enveloppe d’origine ne sont conservés que la façade est et les vitraux, l’intégrité du bâtiment étant menacée par les années d’abandon. Cependant, la facade retrouve son jaune “tango” tel que Lucien Pollet l’avait premièrement imaginé.

Le bassin d’hiver dans les années 1980 © Molitor

Le bassin d’hiver rénové avec la verrière décorée de l’œuvre Glass Ceiling réalisée par Lek & Sowat, 2024 © Molitor