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À vendre

Maison expérimentale « La Trois Coupoles »

Jean Daladier

1968

Proche Sens 89

250 000 €

Surface : 165 m² | 3 chambres

Description

Un lieu de vie incroyable au milieu d'une forêt

Cette maison dite « Trois coupoles » fait partie d’un ensemble de trois réalisations expérimentales construites en pleine nature de 1968 à 1972 par l’architecte Jean Daladier. Prototypes pour des réalisations urbaines ou des villas individuelles, ces maisons à la géométrie nouvelle et complexe répondaient à un rêve : créer une architecture novatrice, évolutive, respectueuse de l’environnement et repenser le rapport à l’habitat, à la nature.

Au cœur d’un bois de 40 000 m² et entourée d’une clairière, la maison prend place dans une forêt de Bourgogne située à 120 km de Paris.

D’une surface de 160 m² sur deux niveaux, elle offre une pièce à vivre spacieuse en double hauteur et sans points d’appui intérieurs organisée autour d’un brasero à foyer suspendu sculptural. Ce living-room, sur lequel donne un salon à l’étage, est généreusement ouvert sur l’extérieur grâce à des baies vitrées au niveau du sol et à des baies triangulaires en hauteur. Une cuisine, deux chambres – avec structure apparente et points de vue variés sur la forêt - et une salle de bains complètent le rez-de-chaussée.

Pour Jean Daladier, le progrès en architecture passait par l’expérimentation. Ses recherches sur la fluidité et la mobilité de l’espace intérieur l’amenèrent à concevoir des structures totalement nouvelles et flexibles. Cette maison, la première imaginée par l’architecte, se compose de trois coupoles à facette géodésique formées par une résille en béton armé.

Dans cette maison toute en transparence, espaces intérieurs et espaces extérieurs se rencontrent, se prolongent et s’interpénètrent. Les ouvertures, nombreuses, cadrent savamment le paysage et le ciel et créent des variations de lumière qui rythment l’espace intérieur sur la nature.

A l’extérieur comme à l’intérieur, le blanc domine. Les sols de couleur claire sont en dallage de pierre de Bourgogne. Le mobilier intégré (foyer du brasero, banquette, placards) dessiné par Jean Daladier voisinait avec des sièges noirs de Bertoia, des poufs gonflables de Quasar, des luminaires de Takis et des œuvres de Jean Degottex encore présentes.

L’artiste a réparti sous la coupole trois « Spacifiques », éléments circulaires marqués d’un trait ouvert, qu’animent les variations de la lumière. Il a d’autre part dressé devant l’une des façades un haut signal d’aluminium qui fait écho à la verticalité des arbres et qui marque, comme un totem, « les rapports de l’espace fini et de l’espace infini ».

D’importants travaux de rénovation sont à prévoir.

Prix demandé : 250 000 €. Honoraires à la charge du vendeur.
Pleine propriété. DPE : N.C.

Historique

Dans les années 1960 en France, l’innovation et la recherche architecturales n’étant que très parcimonieusement aidées et totalement inorganisées, l’autofinancement des expérimentations demeurait la seule solution. L’architecture nouvelle était souvent condamnée à rester une image, une « architecture de papier ». Face à une absence de volonté politique, à la réglementation, à des assurances professionnelles doublées ou triplées, à une opposition des services publics locaux, de nombreux architectes voyaient dans les maisons individuelles, l’occasion d’expérimenter des organisations spatiales qu’ils ne pouvaient faire aboutir au niveau collectif.

L’ambition de Daladier avec ses maisons expérimentales (« Trois coupoles » en 1968, « Contrepoint » en 1970 et « La Géode » en 1972) est de tester à l’échelle 1 des structures à la géométrie euclidienne économiques, modulables et utilisables pour des projets individuels ou collectifs. Le projet sera soutenu par le Ministère de l’équipement et du logement.

Les recherches spatiales à partir des prototypes artisanaux sont pour Daladier le préalable nécessaire à une industrialisation complète d’opérations de grande envergure où chaque élément identique et industrialisé viendrait se combiner et se juxtaposer aux autres pour former des grandes séries de logements. Cette conception d’une architecture proliférante et standardisée qui visant à résoudre les problèmes de l’urbanisme et à renouveler les modes d’habiter s’inscrit dans la droite ligne des réflexions menées entre 1958 et 1962 par le Groupe d’Architecture Mobile, le GEAM (fondé par D. G. Emmerich, Y. Friedman, J. Pecquet, J. Soltan, J. Trapmann, F. P. Maymont, Otaka et F. Otto) et le mouvement métaboliste fondé entre 1958 et 1975 par de jeunes architectes japonais.

Dans la maison « Trois coupoles », la conception d’un espace ouvert et flexible s’exprime dans l’imbrication de dômes indéfiniment multipliables en fonction des besoins. L’architecte a mis au point un système très souple de construction : les arêtes et les nœuds de béton reçoivent les panneaux de remplissage. La disposition des ouvertures est déterminée en cours de construction, selon l’orientation, les accès, le paysage qu’elles permettent de découvrir.
La mobilité intérieure et extérieure est un point essentiel qui donne son caractère et son originalité aux réalisations de Jean Daladier.

Lorsqu’en 1967 Jean Daladier engage la construction de la maison « Trois coupoles », il a derrière lui un parcours atypique d’autodidacte nourri d’engagements, de voyages et de rencontres avec les résistants Bernard et Geneviève Anthonioz, l’écrivain André Malraux, la collectionneuse d’art Dominique de Ménil, les comédiens Jean Vilar et Tania Balachova, l’architecte Le Corbusier, les peintres Jean Degottex et Roberto Matta, le musicien Iannis Xenakis. Parallèlement aux travaux sur des structures nouvelles, Jean Daladier consacre une grande partie de son activité à la sauvegarde et à la réhabilitation d’immeubles parisiens anciens, notamment quai de la Tournelle et place Maubert. Pour lui, les deux domaines ne sont nullement dissociés : « pour faire vraiment revivre une maison du XVIe siècle, il n’est pas question de restituer minutieusement ce qui a peut-être existé ; il faut, à partir de ce qui peut être sauvé, susciter un espace équilibré, habitable aujourd’hui par les hommes de notre temps, et qu’ils marqueront à leur tour de leur empreinte. ».

Les réflexions avant-gardistes de Jean Daladier sur les notions d’espace et de temps incluaient de nouveaux rapports entre l’architecture, la peinture, l’urbanisme et la musique. De nombreux artistes sont intervenus dans ses maisons expérimentales et plusieurs personnalités artistiques comme les musiciens Iannis Xenakis et Marie-Françoise Bucquet les ont occupées.

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