Villa Seynave

Jean Prouvé : concepteur & constructeur
Neil Hutchinson : architecte
Charlotte Perriand : aménagement d’intérieur
1962
Grimaud (83)
3 500 000 €

 

 

150 m²
Terrain paysager : 1 665 m²
4 chambres
Monument Historique

Description

Un chef-d’œuvre moderniste signé Jean Prouvé

Œuvre exemplaire du génie constructif de son créateur, unique par son échelle, la qualité de son site et de ses prestations, la Villa Seynave est inscrite au titre des Monuments historiques depuis 1993.

Sur un terrain paysager de 1 665 m², la villa développe une surface de 150 m².

Elle comprend une entrée, un séjour avec cheminée en acier devant laquelle une fosse permet de s’asseoir à même le sol, un espace salle à manger, une cuisine, une suite parentale avec chambre, dressing et salle de bain, deux chambres avec points d’eau, une quatrième chambre avec rangements et salle d’eau et une buanderie.

La cuisine, les pièces d’eau et les placards occupent les modules de béton peints en blancs. Les autres espaces sont entièrement ouverts et modulables grâce à des cloisons mobiles en accordéon. Cette liberté de circulation est renforcée par l’absence de portes. Les grandes baies vitrées accentuent la fluidité de l’ensemble et offrent des vues traversantes sur la végétation environnante.

La cuisine, les placards en bois et les aménagements intérieurs ont été dessinés par Charlotte Perriand, qui aurait baptisé la maison « Tan Yan » en référence à son séjour au Japon.

Les éclairages en applique intégrés aux raidisseurs d’aluminium sont signés Serge Mouille.

La Villa Seynave profite d’un environnement calme et préservé dans le Domaine de Beauvallon, situé sur la baie de Saint-Tropez. Elle est située à 300 mètres des plages du Domaine (accès direct à pied aux plages du Vieux Moulin et du Gros Pin). En bordure du golf de Beauvallon, la maison offre un accès privilégié aux services et activités sportives du domaine : courts de tennis, yoga club, activités nautiques, équitation, parcours cyclables et randonnées littorales…

Une maison-objet

Construite selon un système démontable, la villa Seynave est bâtie selon le système « alba » (aluminium / béton) mis au point par Jean Prouvé en 1950, avec l’architecte M. Silvy. Ce procédé constructif connaît plusieurs variantes dont la plus célèbre est la Maison des Jours meilleurs, projet conçu en 1956 en réponse à l’appel de l’Abbé Pierre.

Entre art et patrimoine

Œuvre unique au sein de la « galaxie Prouvé », la maison a été sélectionnée en 2011 parmi les « Neuf Maisons de référence du 20e siècle » par la Cité de l’Architecture et du Patrimoine à Paris. La collaboration au projet de Charlotte Perriand pour la cuisine et le mobilier intégré renforce la dimension patrimoniale et mythique de ce bien, également caractérisé par son excellente habitabilité ainsi que son très bon état de conservation. Les propriétaires actuels ont œuvré, au fil du temps, à préserver le site, en phase avec le projet initial et les exigences de son statut patrimonial.

Intéressé par ce bien ?

Prix demandé : 3 500 000 €. Honoraires à la charge du vendeur.
Pleine propriété.
Photos : Manuel Bougot

DPE NON DISPONIBLE – MONUMENT HISTORIQUE

Jean Prouvé, le « bâtisseur »

« Il n’y a pas de différence entre la construction d’un meuble et celle d’une maison »
Jean Prouvé, 1971

Entre architecte, ingénieur et designer, Jean Prouvé marque de son empreinte singulière l’histoire de l’architecture et de la construction.

Ferronnier à Nancy durant ses jeunes années, Jean Prouvé devient « constructeur » en 1930 et délaisse rapidement la décoration en fer pour le mobilier industriel adapté aux progrès techniques du 20e siècle. Il emploie le métal pour réaliser le second œuvre dans des chantiers en collaboration avec les architectes modernes de son temps : Eugène Beaudoin et Marcel Lods pour La maison du peuple à Clichy-sur-Seine, Pierre Jeanneret pour un modèle de pavillon démontable (8X8, 1941).

Avec la construction standardisée par le montage de pièces préfabriquées, Jean Prouvé atteint le domaine de l’architecture domestique. Le sinistre causé par la Seconde Guerre mondiale pose la nécessité de reconstruire des logements à grande échelle et à moindre coût.

Dans ce contexte d’urgence, le Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme commissionne auprès de Jean Prouvé plusieurs pavillons pour expérimenter le système des maisons assemblées à partir de pièces usinées dans l’atelier de Maxéville (Nancy) où il expérimente la tôle pliée, devenue le symbole de son génie technique.

En 1949, Jean Prouvé monte les Métropoles, une série de 25 habitations construites par préfabrication intégrale. La structure à portique central est réemployée dans les maisons industrialisées de Meudon, réalisées en banlieue parisienne avec son frère Henri et l’architecte André Sive. Le lotissement pilote comprend dix maisons Standard, dont le type est appelé « Métropole » avec mur et soubassement en pierre. Tout au long de sa carrière, Jean Prouvé fait construire plusieurs villas qui constituent l’illustration la plus aboutie de la synthèse entre industrie, mobilier et système constructif, dont une majeure partie est aujourd’hui protégée au titre des Monuments historiques.