Appartement familial avec balcons

Atelier de Montrouge / AUA Paul Chemetov
1967 / 2016
Ivry-sur-Seine (94)
750 000 €

 

01 53 00 97 44

Notice d'expertise

 

117 m²
Balcons
4 chambres
Garage

Description

Un appartement dans un bâtiment emblématique de la modernité et du brutalisme en France, récemment réhabilité par un grand nom de l’architecture contemporaine.

Cet appartement est situé dans l’une des deux petites tours de logement construites par l’Atelier de Montrouge en 1967 pour loger les cadres de l’ancienne centrale EDF mitoyenne. Ces tours sont inscrites au titre des Monuments historiques depuis 2003 et ont été réhabilitées par l’architecte Paul Chemetov en 2016, dans le cadre de l’opération Ivry Confluences.

L’appartement occupe tout le 2ème étage et développe une surface Carrez de 117 m². Il profite d’une double orientation Sud et Est.

Baigné de lumière grâce à ses grandes baies vitrées, il accueille une pièce de vie avec salon et espace salle à manger prolongée par un grand balcon de 14,33 m², une chambre parentale avec salle de douche, une chambre avec balcon de 5,23 m², deux autres chambres, une salle de bain, une buanderie et un cellier.

Une cave et un box complètent l’ensemble.

L’appartement a fait l’objet d’une réhabilitation de grande qualité par l’atelier de Paul Chemetov. Ses espaces, entièrement réaménagés dans le respect de l’esprit moderniste du lieu, offrent une grande fluidité d’usage.

La résidence se situe au sein d’un quartier vivant d’Ivry-sur-Seine, et en pleine mutation, avec notamment la construction d’une venelle piétonne, d’une résidence hôtelière et de logements pour étudiants, et de nombreux commerces. Il est desservi par plusieurs lignes de bus et est situé à 10 minutes à pied du RER C et à 20-25 min de la Gare d’Austerlitz en transports en commun.

Des pavillons de banlieue superposés

La commande initiale portait sur un programme de 12 maisons individuelles sur un terrain en longueur, pour y loger les cadres de l’ancien site industriel EDF voisin. L’Atelier de Montrouge propose une réinterprétation du modèle du pavillon de banlieue qui prend la forme d’un habitat individuel urbain modulaire et novateur, composé de duplex de 5 et 6 pièces avec terrasses.

Image d’archive © Pierre Joly et Véra Cardot photographes

Les architectes dessinent deux tours de plan carré, dont les volumes s’agencent en spirale autour d’un noyau central abritant l’ascenseur et la cage d’escalier. Afin de créer des espaces sans vis-à-vis pour chaque famille, chaque étage opère deux mouvements distincts : un retrait de façade et un pivotement d’un quart de tour. Les tours sont conçues comme des objets à part entière, isolées dans l’espace et sans façade principale, et mettent en œuvre les idées du Mouvement moderne, en particulier le plan et la façade libres, permettant une grande flexibilité des usages.

Les deux tours font l’objet d’une facture de qualité, avec des matériaux nobles laissés à l’état brut comme l’acier, le verre, le bois et surtout le béton clair qui garde l’empreinte de ses coffrages de bois.

Ces réalisations offrent un précieux témoignage du renouveau de l’architecture française dans les années 1960 : elles intègrent les innovations théoriques et constructives de l’époque, et se situent à la croisée de l’architecture-sculpture, du brutalisme et de l’urbanisme social inspiré du courant Team X .

Un exemple magistral de sauvegarde du patrimoine du 20ème siècle

 « Ces bâtiments sont parfaits tant dans leur composition que dans leur réalisation. Il n’y a jamais eu une telle perfection du béton armé, ni de la composition géométrique »

Paul Chemetov, architecte

 

Au fil des ans, les deux tours ont subi des travaux successifs qui ont dénaturé l’architecture d’origine. Les huisseries de bois ont été remplacées par des huisseries en PVC, des stores extérieurs ont été ajoutés, etc. Les habitants des tours quittent progressivement les lieux après l’arrêt de la centrale d’Ivry. Le site est laissé à l’abandon et se dégrade petit à petit, protégé de la démolition par son inscription aux Monuments Historiques en 2003.

En 2010, la Sadev 94 rachète l’ensemble et confie la réhabilitation du site à Paul Chemetov, qui avait déjà livré une étude en 2000 au propriétaire précédent. De 2011 à 2016, son atelier a procédé à une réhabilitation de l’ensemble au plus près de son état d’origine, tout en améliorant fortement le confort acoustique et thermique de chaque logement. Les façades sont minutieusement ravalées et lasurées pour rendre au béton son aspect d’origine, les fenêtres sont redessinées et remplacées par des doubles vitrages aux fines huisseries en aluminium.

En ce qui concerne les espaces intérieurs, la rénovation a porté sur l’isolation et le réaménagement des espaces afin de les adapter aux modes de vie actuels. Les éléments d’origine en bois ont été démontés, restaurés et remis en place. La petite tour a été partitionnée en deux appartements par niveau, du studio au T3, et la grande tour a conservé ses grands appartements en duplex.

Paul Chemetov (1928-) est diplômé de l’Ecole nationale supérieure des Beaux Arts en 1959, après avoir travaillé aux ateliers d’André Lurçat, de Pierre Vivien et de Guillaume Gillet. Il intègre l’AUA de Jacques Allégret en 1961 et fonde l’atelier C+H+ avec Borja Huidobro en 1998. Sa carrière est récompensée par le Grand Prix national de l’architecture en 1980, et il est désigné co-président du Comité Scientifique du Grand Paris en 2009. Il a également été responsable du secteur développement de la Stratégie Nationale pour l’Architecture (SNA).

Intéressé par ce bien ?

01 53 00 97 44

Prix demandé : 750 000 €. Les honoraires TTC sont inclus à la charge du vendeur.
Copropriété. Nombre de lots : NC.
Montant moyen annuel de la quote-part des charges courantes : NC.

DPE EN COURS

Bibliothèque « La Joie par les livres », Clamart (1963-1965)

L’Atelier de Montrouge

L’atelier de Montrouge est fondé en 1958 par les architectes Pierre Riboulet, Gérard Thurnauer, Jean Louis Véret et Jean Renaudie. Tous ont côtoyé de grandes figures créatrices du Mouvement moderne et des CIAM, comme Le Corbusier et Jean Prouvé. Ils incarnent une nouvelle génération d’architectes qui repense la modernité en intégrant une dimension politique et sociale à leur conception de l’habitat et en tenant compte de l’histoire des lieux et de l’esprit du temps.

Au travers de réalisations allant de l’échelle de l’habitat à celle de la ville, ils proposent une réflexion globale sur le renouvellement urbain, l’aménagement durable, la protection de l’environnement et l’innovation en matière d’habitat. Intellectuels et engagées, ils prennent position contre la production des grands ensembles et des logements de masse, et fonde une pratique alternative, appuyée sur une prise en compte du contexte social et bâti de chaque projet.

Village « Le Merlier », Cap Camarat (1959-1965)

Centre de formation EDF-GDF, Les Mureaux (1972-1980)

Jean Renaudie quitte l’Atelier en 1968, suite aux événements de mai 68 et à des divergences d’opinions. L’Atelier reste actif jusqu’en 1981, année où il reçoit le Grand Prix national d’architecture pour ses réalisations novatrices et son apport théorique riche.

Parmi les œuvres majeures de l’Atelier de Montrouge figurent la bibliothèque « La Joie par les livres » à Clamart (1963-1965), les logements EDF d’Ivry-sur-Seine (1963-1967), le village Le Merlier à Cap Camarat (1959-1965),  le centre éducatif et culturel « Les Heures Claires » d’Istres (1970-1977), ou le centre de formation EDF aux Mureaux (1972-1980).