L’agence de Christophe Lab, ouverte en1978, est installée à Paris. En1991, la qualité des réalisations de l’agence est récompensée : Christophe Lab est lauréat des « Nouveaux albums de jeunes architectes », prix décerné par le ministère de l’Equipement à des architectes de talent.
Archigram, Brancusi et le facteur Cheval font partie du musée imaginaire de Christophe Lab.
Christophe Lab s’intéresse aux ready-mades urbains, qui surgissent de la ville, et principalement là où l'on ne les attendait pas, dans des lieux ordinaires. L’architecture de Christophe Lab se nourrit de l’observation et de l’inventaire de ces situations urbaines pour inventer ses propres règles fondées sur la réinterprétation et le détournement.
Maison-Film – Paris XVII
Une maison particulière pour un opérateur de cinéma : elle se développe en longueur, les mitoyens de droite et de gauche forment les œillères d’une succession de cadrages.
Les parcours intérieurs se fondent et s’enchaînent logiquement de fonction en fonction sur deux niveaux, mais un percement central (puits de lumière) autorise les flash-back, les plongées et les contre-plongées.
Sur la rue, le garage, coffre mécanique pour le rangement de l’automobile, s’ouvre et se ferme automatiquement en entraînant la toiture.
Des bulles en plexiglas assurent l’éclairage naturel du lieu. A l’étage, la vue est cadrée et sertie de diodes dans les trous de banche. A l’intérieur, un parquet foncé en bois de Wengé, un mobilier intégré à l’architecture (dessiné également par l’atelier Lab) : plan de pose, banquette, rangements, étagères, pare-lumière cintré coulissant, meuble de cuisine...et divers systèmes de captation de la lumière. Des couleurs franches et harmonisées.
Maison Alpha – bd. De la Seine, Nanterre (92)
Le titre de la maison provient du film « Alphaville » de Godard, où le personnage principal ouvre une série de portes qui donnent dans le vide ; dans la maison Alpha, nous trouvons cette image d’une succession de portes qui ouvrent depuis le R+1 dans le vide du séjour.
Cette maison est aussi une valise au milieu de la route, dans l’attente d’un prochain voyage.
La face arrière de ce bagage est ouverte sur le jardin, tandis que les autres façades présentent des scarifications, d’un vert acide, qui offrent une lumière spéciale à l’intérieur du bâtiment et soulignent les ouvertures (portes et fenêtres).
Ces ouvertures sont entaillées dans la peau continue (tôle d’aluminium) qui forme un parallélépipède et laissent entrevoir la chair (verte) de la maison : c’est une forme archétypale « égratignée » par le passage du temps.
Atelier et logement – rue de Tanger, Paris XIX
Le projet maintient la variété des profondeurs de champs grâce à l’étage manquant au niveau R+2
Pour cette raison encore, le projet repose sur des poteaux issus de la structure du socle.
L’implantation des bâtiments voisins oblige à traiter le projet comme un bâtiment d’angle (angle du point de vue plastique, et non foncier).
Le pignon devient « façade » à part entière, permettant de cerner le volume bâti, tant au sol qu’en altitude.
Ce bâtiment de ville est plus un volume qu’une façade venant combler une dent creuse.
Le vide de la terrasse du 2ème niveau autorise des vues biaises depuis la rue, dans un sens comme dans l’autre.
L’ensemble du projet, socle plus partie en lévitation, est traité dans des matériaux exprimant la plus grande légèreté.
Face à d’énormes bâtiments-cales, blocs de maçonnerie compacte, il a l’intention d’appartenir à une époque où l’abstraction, même dans notre domaine prosaïque, caractérise une esthétique virtualisante.
Son propos (puisqu’on sait que maintenant des bâtiments « nous tiennent des discours ») n’est pas d’engager un combat singulier avec les dinosaures du lieu. En aucun cas, il ne s’agit de surenchère, ou de prouesse - les techniques employées sont habituelles. Il manifeste un système constructif qui se déploie dans l’espace. Fluidité, transparence, et reflets du voisinage, lui permettent de se dissoudre dans l’esprit du temps.
Maison –située villa Etienne Marey – Paris XX
La maison en figure de proue sur le carrefour enlace une terrasse au RdC. Elle est revêtue de cuivre oxydé.
Maison-caravane – rue de l’Ermitage, Paris XX
Cette maison-caravane, construite en 1989, sur une parcelle étroite de 3,65 mètres de large dans une dent creuse typiquement parisienne (sorte de « reste urbain »), a connu un vif succès architectural, et a été publiée de nombreuses fois (France, Allemagne, Japon, Italie,...).
Elle est construite à base d’éléments industrialisés détournés de leur échelle habituelle, telles que porte de garage en forme de façade, charpente métallique, coques pré-cintrées en acier galvanisé.
atelierlab@wanadoo.fr