L’agence RVA a été créée en 1994 par Dominique Renaud et Philippe Vignaud. Conçue comme un pôle de concepteurs urbains, elle rassemble architectes, urbanistes, environnementalistes et paysagistes. En 2007, elle crée son pôle environnement.
Cette diversité de profils et de formations autorise l’association de multiples compétences sur chaque projet et une approche selon différentes échelles : d’une vision globale du territoire jusqu’au détail architectural. Soucieux de la pérennité des bâtiments l’agence RVA est attentive au choix des matériaux, sans s’interdire l’innovation.
En architecture, l’agence RVA intervient beaucoup dans le domaine de l’habitat et construit des logements collectifs et individuels ainsi que des équipements publics. En urbanisme, elle dirige également de nombreuses opérations d’aménagement. Largement positionnée dans le domaine de la rénovation urbaine, elle compte la réalisation d’une vingtaine de projets en France.
L’ensemble de ses projets est envisagé dans une démarche de développement durable. L’agence RVA s’appuie sur la conviction de.la nécessité d’une ville compacte, d’une meilleure gestion de l’eau et de l’usage d’énergies renouvelables.
En 2003, l’agence construit une villa urbaine aux Lilas (93). La notoriété du client conditionne la relative discrétion de la façade principale, donnant sur une rue pavillonnaire de la banlieue parisienne. Par ailleurs, le règlement d’urbanisme imposait des toitures, pour les dernières constructions encore possibles sur des parcelles de plus en plus rares. Ces contraintes façonnent largement la relation à la rue qui souhaite exprimer modestie, ancrage au sol et pérennité.
La maison trône sur la ligne de crête, qu'elle partage avec les forts de Romainville et de Noisy-le-Sec. Ce promontoire lui offre une vue imprenable sur Paris, pour peu que l'on tende le cou au-dessus des arbres des voisins, rapidement avalés par la forte déclivité naturelle. Ce secret désir de Paris structure verticalement l'organisation générale interne de la maison.
Si la commande sur rue bridait la libre expression, une quête de vue et de lumière était attendue côté jardin, plein ouest, face à la banlieue et Paris. Cette tension engendre les vastes baies prolongées par des terrasses et coursives à chaque niveau : du rez-de-chaussée au second étage. Le double niveau du séjour se lit comme un écorché de verre et de bois dans une structure de béton.
La composition générale s'organise simplement, fonctionnellement : le sous-sol est le niveau de services techniques et de stockage, le rez-de-chaussée celui de la réception, le premier celui de la vie personnelle et le second du rapport au soleil, des soirées avec vue sur la capitale illuminée…Les matériaux confortent ces choix et participent à éclairer le plan et les fonctions : pierre pour la réception et parquet pour les espaces privés, murs et plafonds blancs rehaussés de parois colorées.
Enfin, seul élément spectaculaire, la cheminée -et ses annexes techniques- prend sa source au sous-sol, traverse de part en part le volume du séjour et se poursuit en cheminée de terrasse. De même, l'escalier donne à lire la verticalité générale du bâtiment et propose des vues intérieures et extérieures variées selon les niveaux traversés, du sous-sol à la terrasse.
Photographies © Luc Boegly