Les procédures
La protection des Monuments historiques a été instituée par la loi du 31 décembre 1913. Elle est encore en vigueur aujourd’hui, après avoir été amendée à plusieurs reprises.
Aux termes de cette loi, il existe deux types de
protection :
Le niveau le plus prestigieux, le classement au titre de Monuments historiques ;
![]()
Le deuxième niveau de protection, l’inscription à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques.
« Les immeubles dont la conservation présente, du point
de vue de l’histoire ou de l’art, un intérêt
public » peuvent être classés en totalité
ou en partie au titre des Monuments historiques par décision du
ministre chargé de la Culture (article 1).
« Les immeubles qui, sans justifier une demande de classement immédiat,
présentent un intérêt d’histoire ou d’art
suffisant pour en rendre désirable la conservation » peuvent
être inscrits à l’Inventaire supplémentaire
des Monuments historiques par arrêté du préfet de
région (article 2 modifié par décret du 18 avril
1961).
Cette loi interdisait au départ tout classement de constructions
récentes. Au fil des années, elle a fait l’objet de
modifications pour prendre en compte des immeubles ou parties d’immeubles
plus récents. Le ministère de la Culture va aujourd’hui
jusqu’à inventorier des édifices construits il y a
trente ans.
Un monument peut cumuler plusieurs mesures de protection, concomitantes
ou successives. L’inscription peut, au fil du temps, être
remaniée ou modifiée jusqu’à donner lieu à
un classement. C’est le cas de la Cité radieuse de Le Corbusier,
inscrite du vivant de l’architecte en 1964, puis classée
en 1986 pour certaines parties communes et un appartement témoin.
Un arrêté complémentaire d’inscription est ajouté
en 1993 pour la protection d’un appartement avec sa cuisine, qui
est transformé en classement deux ans plus tard.
A l’inverse, un seul arrêté peut protéger plusieurs
monuments. Les principaux arrêtés collectifs concernent les
86 stations de métro conçues par Hector Guimard, des boutiques
parisiennes, le patrimoine ferroviaire, ou encore quelques groupes d’édifices
d’habitation comme la villa Seurat à Paris, impasse située
dans le XIVe arrondissement, qui
rassemble des maisons des architectes Perret et Lurçat.
La protection peut être demandée par le propriétaire,
l’affectataire, un tiers ayant droit (collectivité locale,
association, etc.), le préfet du département ou de région,
l’administration centrale ou régionale du ministère
de la Culture.
En 2005, 49 % des Monuments historiques appartenaient à des propriétaires
privés, 44 % aux communes (par exemple les églises paroissiales),
4 % à l’Etat (par exemple toutes les cathédrales,
palais nationaux, châteaux reçus en donation), 2 % aux départements
et aux régions et 1 % sont des établissement publics (comme
Versailles ou Le Louvre). A cette date, 42 059 bâtiments sont protégés
Monuments historiques : 34 % d’entre eux sont inscrits (14 300 édifices)
et 66 % classés (27 760 édifices).