La France a une riche histoire en architecture moderne et notamment en matière de commande privée pour l’habitation.
En effet, les villas et les hôtels particuliers dont quelques
uns sont l’habitation des architectes eux-mêmes, ont été
réalisés pour être des manifestes architecturaux,
lieux essentiels du combat anti-classique. Les villas, non soumises aux
règles d’urbanisme, expriment plus facilement que les autres
formes d’architecture les tendances novatrices.
Ces maisons ont souvent été conçues comme des oeuvres
d'art totales, dans lesquelles tous les détails, mobilier, décoration,
éclairage, etc., s'associent pour participer d'une même conception
moderne de l'espace.
Bien que souvent peu lucratives pour les architectes, elles restent un domaine privilégié de recherche et de travail et cela même pour les architectes ayant acquis une certaine notoriété. Ainsi, elles ont été un terrain d’expérimentation pour de nouveaux courants architecturaux tout au long du 20e siècle. C’est à travers ce champ privilégié, que les jeunes architectes d’hier et d’aujourd’hui élaborent un nouveau langage architectural et plastique et expérimentent de nouvelles pratiques constructives.
La France, un haut lieu de l'architecture moderne : rétrospective
de 1920 à nos jours.
Les maisons modernes réalisées dans l’Entre-deux guerres
par Le Corbusier, André Lurçat, Auguste Perret, Mallet-Stevens,
Pierre Patout, Pierre Chareau, Jean Prouvé et Eileen Grey sont
conçues selon les principes développés par l’école
allemande de design du Bauhaus, et se veulent des manifestes du fonctionnalisme.
Elles s’organisent généralement selon un « plan
libre », utilisent une technique nouvelle comme le béton
armé et proposent un programme novateur basé sur la flexibilité
des espaces de vie.
Ces architectes ont bientôt été rejoints par une nouvelle
génération de concepteurs tout aussi talentueux comme Claude
Parent, Fernand Pouillon, Jacques Couelle et dont certains sont d’ailleurs
des disciples de Le Corbusier, Charlotte Perriand et André Wogenscky.
Ils construisent dans les années 50-60 des maisons très
influencées par le style californien, et notamment par la fluidité
des relations entre les espaces intérieurs et extérieurs
des maisons américaines de Richard Neutra, Walter Gropius, Rudolf
Schindler et bien sûr de Frank Lloyd Wright.
Les années 60-70 consacrent des groupes d’architectes tels que l’Atelier de Montrouge, l’agence Salier-Courtois-Lajus-Sadirac à Bordeaux, l’agence Watel à Lille, etc. Un certain nombre d’entre eux réalisent des maisons groupées et des grandes demeures en référence à l’architecture danoise et au travail des architectes Arne Jacobsen, Jorgen Bo et Vilhelm Wohlert. Une autre partie réalise des « sculptures-habitacles » concrétisant l’idée d’une synthèse entre l'architecture et la sculpture.
Dans les années 70-80, on assiste à un retour à une
architecture plus traditionnelle. Plusieurs architectes proposent alors
un style de maisons inspiré de l’architecture du Japon ancien,
mettant en avant la lumière, l’espace et l’intégration
à son milieu naturel. D’autres expérimentent le postmodernisme.
A travers les deux dernières décennies, la réputation
de la France comme centre important de l’architecture moderne est
resté incontestée, consacrant des architectes comme De Portzamparc,
Jean Nouvel, Paul Chemetov, Henri Ciriani, Jacob Mac Farlane, Michel Kagan,
etc. Les dernières maisons remarquables du 21e siècle sont
notamment les œuvres des architectes Rudy Ricciotti, Manuelle Gautrand,
Jacques Moussafir et Rhem Koohlaas.
Aujourd’hui, on peut dire que la France est un des pays où
a été construit un nombre très important de maisons
modernes, parmi les plus remarquables.