Depuis quelques décennies, le patrimoine
architectural du 20e siècle
bénéficie d'une reconnaissance grandissante.
Aujourd'hui, à côté des oeuvres majeures de l'architecture
du Mouvement moderne de l'Entre-deux-guerres (Auguste
Perret, Tony Garnier, Henri Sauvage,
Robert Mallet-Stevens, Le
Corbusier), des édifices des années 1950 et 1960 commencent
à recevoir le label prestigieux de « Monument historique ».
Ce classement parfois autoritaire a permis de sauver quelques chefs d’œuvre
« modernistes » tels que la villa Savoye de le Corbusier,
achetée par l’Etat et classée au titre des Monuments
historiques par André Malraux, ou la villa Cavrois de Mallet-Stevens
classée par Jack Lang. L’architecture contemporaine fait,
elle aussi, l’objet d’une reconnaissance officielle à
l’image de la villa Lemoine de Rem Koolhaas, inscrite à l’inventaire
supplémentaire des Monuments historiques en 2002 quelques années
seulement après sa construction (1998).
Cette reconnaissance patrimoniale de l’architecture moderne ou contemporaine
est un phénomène récent. Impulsée au moment
de la création du ministère des Affaires culturelles en
1959, elle vise au départ à mettre en exergue des singularités
nationales (telles que le béton, invention française) et
à valoriser l’avant-garde architecturale. La France est l’un
des premiers pays à se préoccuper de la sauvegarde de son
patrimoine du 20e siècle.
Parmi les principales actions entreprises par
le ministère de la Culture :
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La mise en place de réglementations protectrices en matière de patrimoine ;
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La restauration de « bâtiments phares » de la modernité par les ABF et les ACMH (Voir Glossaire)
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La préservation des archives des architectes par la création d’un centre spécialisé (Centre d’archives d’architecture du 20e siècle moderne de l’Institut Français d’architecture) ;
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La sensibilisation des publics par des outils pédagogiques et des stratégies de communication (Cf. Journées du patrimoine),
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Plus récemment en 2005, le classement au patrimoine
de l’humanité par l’Unesco du centre-ville de la ville
du Havre reconstruit par Auguste Perret ;
Aujourd’hui, l’architecture moderne et contemporaine peut, enfin, bénéficier d’une reconnaissance officielle. Si les cadres réglementaires, les incitations fiscales et les premiers inventaires offrent aujourd’hui un environnement favorable, le public doit encore être converti à la reconnaissance d’une architecture souvent incomprise.
En 2007, près de 1500 édifices du 20e siècle sont
protégés comme Monuments historiques et 2500 autres avaient
obtenus le « Label XXe siècle ».
Parmi les édifices emblématiques, le Théâtre
des Champs-Élysées d’Auguste Perret, première
oeuvre moderne classée à titre « exceptionnel »
en 1957 pour l’intérêt intrinsèque de son architecture
et la célébrité de son auteur ; la maison de verre
de Pierre Charreau, la Cité radieuse de Le Corbusier à Marseille,
premier immeuble protégé de cet architecte, la chapelle
Notre Dame de Romchamp et l’immeuble 25 bis rue Franklin des frères
Perret.