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À vendre

Maison expérimentale « La Géode »

Jean Daladier

1972

Saint-Julien-du-Sault 89

150 000 €

200 m² | 3 chambres

Description

Cette maison fait partie d'un ensemble remarquable de quatre maisons expérimentales construites entre 1968 et 1982 par l'architecte Jean Daladier.  Situées près de Sens à 1h30 de Paris, ces maisons à la géométrie complexe et novatrice s'inscrivent au cœur d'un environnement naturel préservé.

La maison « La Géode » développe une surface de 200 m² environ sur trois niveaux. Elle est constituée d’un grand dôme géodésique à 32 faces abritant les volumes habités ainsi que des espaces intermédiaires aménagés en jardins suspendus grâce à de grandes jardinières en béton.

Le rez-de-chaussée dispose d’une chambre d’amis, d’une salle d’eau, d’un local technique et d’un passage couvert ménagé pour rejoindre un escalier extérieur. Celui-ci mène au niveau principal accueillant la pièce à vivre qui regroupe en un volume unique la salle à manger, la cuisine et le séjour avec cheminée ouvrant sur un jardin suspendu. Deux chambres et une salle de bains complètent ce niveau. Un escalier permet d’accéder au dernier étage qui comprend un ample salon.

Les terrasses, le jardin suspendu et les grandes baies orientées ouest s’ouvrent sur le paysage, le ciel et la végétation, et créent des variations de lumière au rythme de la nature. Les passages entre les espaces habités, les espaces semi-couverts et l’extérieur sont remarquablement traités.

L’ossature autoporteuse de la maison conçue comme une véritable sculpture habitable se compose de nervures de béton articulées selon le principe de la triangulation. Cette technique constructive dénuée de murs porteurs permet une grande rapidité de mise en œuvre, une vaste portée autorisant une flexibilité de cloisonnement importante et une économie de matière.

 

Prix demandé : 150 000 €. Les honoraires TTC sont inclus à la charge du vendeur.
Les maisons ainsi que leur terrain sont classés au titre des Monuments Historiques.
D’importants travaux de rénovation sont à prévoir (enveloppe estimée par un architecte : 350 000 € - montant déductible des impôts).
Pleine propriété. DPE & GES en cours.

Il est possible d'acquérir deux maisons ("Trois Coupoles" et "Géode" ainsi que leur terrain forestier) au prix de 280 000 € honoraires à la charge du vendeur inclus.
Il est possible d'acquérir un ensemble comprenant trois maisons ("Trois Coupoles" ; "Géode" ; "Ermitage"), leur terrain forestier et un terrain supplémentaire au prix de 500 000 € honoraires à la charge du vendeur inclus.
Contactez-nous pour plus d'informations.

 

Historique

Dans les années 1960 en France, l’innovation et la recherche architecturales n’étant que très parcimonieusement aidées et totalement inorganisées, l’autofinancement des expérimentations demeurait la seule solution. L’architecture nouvelle était souvent condamnée à rester une image, une «architecture de papier». Face à une absence de volonté politique, à la réglementation, à des assurances professionnelles doublées ou triplées, à une opposition des services publics locaux, de nombreux architectes voyaient dans les maisons individuelles, l’occasion d’expérimenter des organisations spatiales qu’ils ne pouvaient faire aboutir au niveau collectif.

L’ambition de Jean Daladier avec ses maisons expérimentales («Trois coupoles» en 1968, «Contrepoint» en 1970 et «La Géode» en 1972) est de tester à l’échelle 1 des structures à la géométrie euclidienne économiques, modulables et utilisables pour des projets individuels ou collectifs. Le projet sera soutenu par le Ministère de l’équipement et du logement.

Les recherches spatiales à partir des prototypes artisanaux sont pour Jean Daladier le préalable nécessaire à une industrialisation complète d’opérations de grande envergure où chaque élément identique et industrialisé viendrait se combiner et se juxtaposer aux autres pour former des grandes séries de logements. Cette conception d’une architecture proliférante et standardisée visant à résoudre les problèmes de l’urbanisme et à renouveler

les modes d’habiter s’inscrit dans la droite ligne des réflexions menées entre 1958 et 1962 par le Groupe d’Architecture Mobile, le GEAM (fondé par D. G. Emmerich, Y. Friedman, J. Pecquet, J. Soltan, J. Trapmann, F. P. Maymont, Otaka et F. Otto) et le mouvement métaboliste fondé entre 1958 et 1975 par de jeunes architectes japonais.

La logique de la structure de « La Géode » répond une nouvelle fois aux critères de flexibilité, adaptabilité et standardisation des moyens mis en œuvre. La conception d’un espace ouvert et flexible s’exprime dans l’imbrication librement aménageables. L’architecte a mis au point un système très souple de construction: les arêtes coulées sur place et les nœuds préfabriqués reçoivent les panneaux de remplissage. La disposition des ouvertures est déterminée en cours de construction, selon l’orientation, les accès, le paysage qu’elles permettent de découvrir. La mobilité intérieure et extérieure est un point essentiel qui donne son caractère et son originalité aux réalisations de Jean Daladier.

Lorsqu’en 1967 Jean Daladier engage la construction de la maison « Trois coupoles », il a derrière lui un parcours atypique d’autodidacte nourri d’engagements, de voyages et de rencontres avec les résistants Bernard et Geneviève Anthonioz, l’écrivain André Malraux, la collectionneuse d’art Dominique de Ménil, les comédiens Jean Vilar et Tania Balachova, l’architecte Le Corbusier, les peintres Jean Degottex et Roberto Matta, le musicien Iannis Xenakis. Parallèlement aux travaux sur des structures nouvelles, Jean Daladier consacre une grande partie de son activité à la sauvegarde et à la réhabilitation d’immeubles parisiens anciens, notamment quai de la Tournelle et place Maubert. Pour lui, les deux domaines ne sont nullement dissociés: « pour faire vraiment revivre une maison du XVIe siècle, il n’est pas question de restituer minutieusement ce qui a peut-être existé ; il faut, à partir de ce qui peut être sauvé, susciter un espace équilibré, habitable aujourd’hui par les hommes de notre temps, et qu’ils marqueront à leur tour de leur empreinte. »

Les réflexions avant-gardistes de Jean Daladier sur les notions d’espace et de temps incluaient de nouveaux rapports entre l’architecture, la peinture, l’urbanisme et la musique. De nombreux artistes sont intervenus dans ses maisons expérimentales et plusieurs personnalités artistiques comme les musiciens Iannis Xenakis et Marie-Françoise Bucquet les ont occupées.

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