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Vendu

Hôtel particulier

Pierre Patout

1934

Paris 15e 75

Description

Cet hôtel particulier à l’élégance raffinée prend place dans un immeuble caractéristique du style « paquebot », typique des années 1930. L’architecte Pierre Patout y installa sur trois niveaux son appartement et son agence, décorés avec soin par l'ébéniste Emile-Jacques Ruhlmann et par le ferronnier Raymond Subes.

Situé dans le 15e arrondissement de Paris, il bénéficie de toutes les commodités, commerces, écoles et transports. Il se trouve à 5 minutes à pied du métro Balard ligne 8 et des lignes de tramway T3a et T2.

D’une surface de 154 m² (165 m² habitable), il est desservi par une belle entrée principale qui permet d’accéder au niveau haut dédié aux espaces de réception et au niveau inférieur qui accueille la partie nuit et les espaces de services.

Au niveau haut prend place une majestueuse réception de 71 m² sur deux niveaux qui dispose de 5 mètres de hauteur sous plafond, de trois expositions et ouvre sur une petite terrasse de 10 m², et une cuisine séparée.

Le niveau inférieur, avec entrée privative, comprend une suite parentale « cabine » avec salle de bains et dressing, une deuxième chambre en enfilade avec salle d’eau et des pièces de services.

L’ensemble est complété par une superbe cave voûtée privative.

En 1929, après avoir acquis une étroite parcelle, réputée inconstructible, située contre le remblai du chemin de fer, Patout crée une société immobilière pour la réalisation d'un immeuble de rapport avec logements et commerces. L’architecte y emploie le vocabulaire formel et constructif du style international : enduit blanc des façades, découpage horizontal, porte-à-faux, toitures-terrasses, menuiseries métalliques et utilisation du béton armé. On lit clairement en façade la distribution de l’espace intérieur : boutiques en rez-de-chaussée, entresol de studios, duplex au premier étage, studios semblables sur les trois étages suivants, duplex au sommet et grands appartements à la proue. L’entrée est soigneusement signalée par un balcon surmonté d’un bas-relief d’Alfred Janniot intitulé « L’Architecture clef de voûte des arts ».

Mais c’est avant tout l’image du paquebot, concept clef du Mouvement moderne, qui s’impose à la vue de cet immeuble tout en longueur avec sa proue aux retraits successifs, ses horizontales filantes en partie haute, ses longues coursives intérieures, ses pavillons en toiture évoquant des cheminées de navire. La référence au paquebot se retrouve jusque dans l’organisation intérieure des cellules d’appartements, distribuées par de longues coursives étroites reliées par un élégant escalier à double volée.

Les grands paquebots transatlantiques vont constituer pour les architectes modernes une véritable source formelle où ils vont puiser des formes libérées de tout académisme. Ils seront pour Le Corbusier l’une des principales références de la Cité radieuse où logement et équipement sont regroupés dans un même complexe.

La collaboration de Patout à l’aménagement intérieur de plusieurs navires de la Compagnie Générale transatlantique explique les références au « style paquebot » tant prisé dans les années 1930 : hublots, passerelles, cheminées, coursives. Patout s’impose comme l’un des meilleurs représentants de ce courant avec cet immeuble, qui fera l’objet en 1986 d’une inscription à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques.

Historique

Pierre Patout (1879-1965) est, entre les deux guerres, le représentant d’une tendance qui, tout en étant proche du « style international », laisse place aux arts décoratifs en architecture.

Il reçoit la formation de l’école des Beaux-Arts où il est compagnon d’Henri Sauvage. En 1925, c’est en tant que décorateur qu’il se fait connaître en réalisant le pavillon de Sèvres et le pavillon du Collectionneur pour l’exposition internationale des Arts décoratifs. A la même époque, la Compagnie générale transatlantique lui confie en collaboration avec Emile-Jacques Ruhlmann l’aménagement intérieur des paquebots Ile-de-France, Atlantique et du célèbre Normandie. La décoration de ces hôtels marins géants atteint un raffinement extrême.

La carrière de Patout devient vite synonyme d'architecture de luxe. Une clientèle fortunée lui commande des villas et hôtels particuliers: Gabriel Voisin (1923), Lombard (1928) à Boulogne-Billancourt, Asselin (1923), Bou (1925) à Neuilly-sur-Seine, Ducharne (1923-1924) et Quillivic (1923) à Paris.

Dans la catégorie des immeubles, si la réalisation la plus marquante est le "paquebot" du 15e arr., il signe d'autres immeubles: appartements et ateliers d’artistes rue du Docteur-Blanche (16e arr., 1929), résidence de luxe av. de Wagram (17e arr., 1929), immeuble porte Champerret (17e arr., 1929), agrandissement et surélévation des Ets Ruhlmann rue de Lisbonne (8e arr., 1927-1928).

Patout se distingue encore comme architecte des galeries Lafayette et de la chaîne de magasins Nicolas. Après la guerre, il participe à la reconstruction de la ville de Tours, dont il édifie la bibliothèque municipale, ultime témoignage de la modernité monumentale qui le caractérise.

Emile-Jacques Ruhlmann (1879-1933), par ses créations de mobilier de luxe, par l’utilisation de bois précieux et de formes épurées, légèrement galbées, est l’un des décorateurs-ébénistes les plus appréciés de son époque. Il fonde la société « Ruhlmann et Laurent » pour diffuser ses créations et travaille en collaboration avec de nombreux architectes comme Sauvage, Plumet et Patout.

BIBLIOGRAPHIE

Chappey, M., « Immeuble à Paris, Boulevard Victor », La Construction moderne, 29 décembre 1935, p. 274-283.

Panerai, Philippe, « Nostalgie ? : 3 bd Victor, Paris XV », AMC. Architecture mouvement continuité, n°35, 1974, p. 53-60. Delorme, Jean-Claude, L’Ecole de Paris : 10 architectes et leurs immeubles 1905-1937, Paris, Le Moniteur, 1981, p. 109-120.

Pardo, S., Pierre Patout, 1879-1965, 9H, Paris, 1982.

Lemoine, Bertrand et Rivoirard, Philippe, Paris, l'architecture des années trente, Paris, Délégation à l'Action Artistique de la Ville de Paris, Lyon, Manufacture, 1987, p. 208-209.

Bréon, Emmanuel et Pepall, Rosaline, Ruhlmann : un génie de l'Art déco, Paris, Somogy Boulogne-Billancourt : Musée des années 30, 2004.